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En 2003, 1.1 milliard (soit 40 pourcents) des 2,8 milliards de travailleurs que compte le monde étaient des femmes, soit une augmentation de presque 200 millions de femmes ayant un emploi formel entre 1993 et 2003.
Aux Etats Unis, les femmes occupent 50,3% de tous les postes de direction, mais seuls 7,9% des plus gros salaires du classement Fortune 500 et 1,4% du classement Fortune 500 des CEO sont des femmes.
“T” pour Triomphe
Lucía Etxebarría
EspagneGALERIECONVERSATION
Vous pourriez dire que chaque anniversaire est un coup de pinceau de plus sur ce qui va devenir votre portrait définitif.

Vous pourriez également dire que chaque nouvelle année est une pelletée de terre de plus sur la tombe de votre jeunesse. Chaque nouvelle année apporte plus d'expérience et donc, soit disant, plus de sagesse et de sérénité. Chaque anniversaire apporte avec lui le rappel ponctuel de votre conscience : cette année vous n'avez encore rien fait de votre vie.

J'ai eu trente ans le mois passé. J'ai gaspillé exactement un quart de mon existence.

“Si vous voulez avoir du succès dans les affaires, vous devez vous lever aussi souvent que vos collègues masculins et dans les mêmes situations qu'eux. Ne restez pas assise quand quelqu'un entre dans votre bureau ou vous parle devant votre bureau. Peu importe ce que disent les règles de l'étiquette : si vous voulez avoir les mêmes opportunités et un traitement égal, vous devez vous lever comme un homme, au sens littéral comme au figuré."

En particulier si vous êtes grande ou plus grande que la plupart de vos collègues masculins.

“Comportez-vous comme un homme. Contrôlez vos émotions. Ne pleurez pas en public. Assurez-vous que vos gestes soient toujours pertinents et appropriés à la situation. Alignez vos actions à vos paroles.”

“Préparez-vous au pire. Souvenez-vous qu'en général, les femmes qui se retrouvent à la barre sont la cible de critiques qui n'ont rien à voir avec leurs compétences professionnelles. De plus, certaines des qualités qui sont considérées avec respect et même admiration chez un homme entreprenant sont transformées en qualités négatives quand elles se retrouvent chez une femme. Si une femme concentre toute son énergie sur son travail, on dit qu'elle est frustrée; si elle s'entoure d'une équipe et partage les responsabilités, alors on dit qu'elle n'est pas sûre d'elle; si elle dirige d'une main de fer, on dit qu'elle est aigrie.

Trente ans. Cent milles dollars par an. Une BMW. Mon propre appartement. Aucune perspective de mariage ou d'enfant. Personne qui tienne à moi de façon particulière. Est-ce si déprimant ? Je ne sais pas. Est-ce que c'est cette petite pilule verte et blanche que je prends tous les matins qui m'empêche de pleurer ? Est-ce cette petite pilule que le docteur m'a prescrite, cette miraculeuse concentration de fluoxétine, qui fait que mes soucis glissent sur moi comme des gouttes d'eau sur une poêle graisseuse ?

Est-ce la paix ou le Prozac? Je ne sais pas.

Trente ans. Le début de la maturité. Une date marquante qui se devait d'être célébrée.

Mais je ne voulais pas organiser une fête d'anniversaire, parce qu'en vérité, je n'avais personne à inviter. Mes soeurs et ma mère, bien sûr, mais est-ce que je les aime vraiment ? Oui, d'une certaine manière. Elles sont ma famille. Elles l'ont toujours été et le seront toujours. Ma mère et mes soeurs sont le seul point fixe de référence dans ma vie. Pour moi, ma mère sera toujours l'Enigme de l'Autre Planète, tellement froide et distante, tellement maîtresse d'elle-même, mais elle m'a traitée correctement et par dessus tout, elle a toujours été là, inamovible, comme une borne marquant un chemin.

Ma soeur Ana est une sainte, une bonne fille dans tous les sens du terme, mais terriblement ennuyeuse, comme toutes les bonnes filles, et pas exactement le genre de personne que vous voulez voir à votre anniversaire.

Et Cristina . . . ok, je dois le dire. Oui, je l'ai détestée de tout mon coeur, mais peut-être était-ce simplement parce que je l'aimais tellement. Néanmoins, je n'avais pas envie de fêter mon anniversaire avec un dîner intime avec Cristina. Nous ne nous entendions pas assez bien pour ça.

Je pouvais aussi organiser une grande fête et inviter des collègues de travail et leurs épouses, de vieilles connaissances de l'université, des clients et des fournisseurs.

“Quand vous décidez d'organiser une fête, vous devez toujours garder à l'esprit quatre points fondamentaux : Quel genre de fête voulez-vous ? Qui inviter ? Quand la prévoir ? Où la faire ? ”

“N'invitez que des gens qui devraient être là. N'invitez que ceux que vous êtes prête à écouter. Ne vous arrêtez pas au protocole en faisant la liste des invités. Laissez-vous assez de temps pour les préparatifs. Fixez la date au jour pour lequel les invités les plus importants sont disponibles. N'oubliez pas d'être courtoise. Calculez les frais. Vérifiez l'état de l'endroit."

“Si vous abordez la fête sachant exactement ce que vous voulez, il est bien possible que vous la quittiez en ayant obtenu exactement ça".

C'était encore moins émouvant.

Des heures de préparation et qui sait combien d'argent à dépenser en hors d’oeuvres et boissons, pour qu'une foule de gens puisse envahir l'intimité de votre chez-vous, coupant l'air de leurs conversations futiles et de leurs faux rires. Et le lendemain tout ce qui reste est une gueule de bois mémorable, des cendres de cigarettes et des traces de verres collantes sur la table en Formica et le sol, des bouteilles renversées dans la cuisine, des tasses en plastique retournées partout, des serviettes et des assiettes oubliées sur le haut des étagères.

Non, merci. Pas de fête pour moi.

J'ai décidé de prendre un jour congé, j'ai sauté dans ma BMW, et me suis dirigée vers le sud. Douze heures au volant à écouter Schubert’s Lieder à plein volume. Je ne me suis arrêtée qu'en arrivant à Fuengirola.

Il devait être environ six heures du soir.

Vingt-deux ans avaient passé.

Vingt-deux ans depuis cet été à Fuengirola. Le dernier été que nous avions passé avec mon père.

La ville avait beaucoup changé. D'immenses bâtiments blancs le long du bord de mer, des obscénités de briques énormes, des géants de ciment et de verre, faisant face à la mer, parfaitement cubiques comme des bunkers. A leurs pieds, comme des fourmis, un tas de bars de plage et de snacks, maintenant fermés, annonçant leurs calamars et leurs salades sur des posters stridents faits de plastique bon marché, des publicités aux couleurs vives pleines de fautes d'orthographe.

C'était un mercredi hors saison et la plage était déserte.

Je me suis assise à la terrasse du seul bar ouvert que j'ai trouvé et j'ai commandé un verre de vin après l'autre. J'étais décidée à boire trente verres, un pour chacune de mes trente années, mais je ne me souviens plus de combien j'en ai bu. A un certain point je dois avoir perdu le compte.

J'ai bu, verre après verre, lentement, en regardant la vaste étendue couleur crème qu'était la plage. Les heures ont passé et le paysage a changé de couleur.

Le ciel ne cessait de changer, passant du bleu clair à l'indigo, au cobalt, au bleu intense et au violet. La mer passa de vert bouteille à émeraude, à vert foncé. Le sable prit toutes les couleurs chaudes du spectre, ocre, ambre, marron, brun, rouille. Dans mon ébriété, le paysage s'est transformé en un kaléidoscope, un délire chromatique.

La nuit est finalement tombée et toutes les couleurs se sont fondues en noir.

Alors je me suis dirigée vers la plage pour compter les étoiles. Une ou deux heures doivent s'être écoulées. J'avais très froid et en plus, j'avais soif. Il n'y avait pas âme qui vive sur la place. Juste moi, le sable, l'eau et les étoiles.

Je me suis levée et je suis restée à regarder l'eau noire, pratiquement plate et immobile excepté pour quelques minuscules vagues, fines lignes blanches horizontales d'écume, glissant lentement vers la plage.

J'ai commencé à penser que je pourrais marcher dans l'eau, marcher et marcher jusqu'à ce que je ne puisse plus toucher le fond et me noyer, juste comme ça. Comme Virginia Woolf.

Mourir jeune et avec élégance.

Si vous pouvez résister à l'envie impérieuse et naturelle de nager vers la surface pour respirer, alors l'asphyxie dans l'eau est la façon de mourir la moins douloureuse. C'est même agréable. Une mort très douce. Le manque d'oxygène vous fait halluciner et sans savoir ce qui arrive, vous glissez dans une sorte d'extase.[. . . .]

La mer serait mon dernier amant. Les vagues me donneraient le

Baiser de la mort[. . . .]

J'arriverais dans un pays sous-marin, où il n'y aurait pas de place pour la peur, les pensées horribles, les infidélités, la rancoeur, les amours malheureuses, l'amertume, la mélancolie, la nostalgie, l'envie de pleurer. Heureuse, je regarderais cette ardoise de paix, vide, que la mort m'aurait donné.

Mais même en entrant dans l'eau, je savais que je n'aurais pas le courage de me noyer. Je sentais le désir intense d'en finir avec tout, mais je n'avais pas la volonté suffisante pour le faire. Je n'avais pas de raison de continuer à vivre, mais je ne souffrais pas assez intensément pour être capable de couper mon propre souffle.

Devant moi, il y avait des années d'hommes qui ne me comprendraient pas et un monde de confusion avec lequel je devrais me battre tous les jours; un monde où les familles se désintègrent et les relations humaines n'ont plus de sens. Un monde où il n'y avait de la place que pour le triomphe. Et pour y arriver, vous devez sacrifier presque tout le reste.

Quand le destin vous appelle à cet endroit . . .

Je n'avais pas peur. La mort ne m'effrayait pas.

Il ne m'est pas venu à l'esprit qu'en fait, la seule chose qui m'effrayait, était de continuer à vivre.

La chose suivante dont je me souviens c'est de m'être réveillée engourdie, avec la bouche aussi sèche que du liège et un battement intermittent dans mes tempes. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel et le sable chaud formait comme un nid confortable. Je m'étais endormie, ma conscience émoussée par le vin, apaisée par le murmure hypnotique des vagues.

“Face à une situation de crise, faites une liste des alternatives possibles et classez-les dans deux catégories : désirables et indésirables. Considérez chaque option comme si vous l'aviez déjà choisie et évaluez votre décision. Répétez le processus avec toutes les options possibles que vous pouvez imaginer. Eliminez mentalement tous les obstacles. Inventez des analogies. Cassez le moule de la pensée logique quand vous analysez une situation de crise. Et, le plus important, ayez toujours sous la main un Plan B à utiliser en cas d'urgence. Votre Plan B vous donnera un sentiment de sécurité qui vous permettra de prendre des risques et de faire ce qu'il faut pour triompher."

C'est là qu'était mon erreur, je n'avais pas pensé à un Plan B. J'avais mis toutes mes cartes sur la table d'un coup et maintenant que ça n'avait pas marché, maintenant que je me rendais compte que mes gains couvraient à peine mes pertes, je ne savais pas comment continuer. Que faire quand vous découvrez que vous avez vécu selon les désirs des autres, convaincue que vous poursuiviez vos propres ambitions ?

Et sur le chemin du retour vers Madrid, confrontée à la perspective d'une succession infinie de journées identiques, grises, floues et monotones, enchaînée, condamnée à être un jouet dans un jeu que je ne comprenais pas, sans compagnons ou amants, sans enfants, sans amis proches, j'ai pensé plus d'une fois à lâcher le volant et laisser la voiture perdre le contrôle dans un virage.

Mais je ne l'ai pas fait, parce qu'au fond, je suis exactement comme mon ordinateur, avec sa batterie de secours prête à se connecter automatiquement en cas de coupure de courant.

Désignée pour durer. Programmée pour continuer.
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COMMENTAIRES SUR CETTE HISTOIRE
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Kproudfoot (Etats Unis)
This story was very unsettling and unexpected. The title makes the reader feel that this is a story that has a happy end. But the author leaves us questioning her next move, is she going to find a new job? Will she start dating? I have more questions then I did when I started reading. She made major points about how she is repressed in her society. From her age to her job and what is expected
Kproudfoot (Etats Unis)
This story was very unsettling and unexpected. The title makes the reader feel that this is a story that has a happy end. But the author leaves us questioning her next move, is she going to find a new job? Will she start dating? I have more questions then I did when I started reading. She made major points about how she is repressed in her society. From her age to her job and what is expected
Kproudfoot (Etats Unis)
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Kproudfoot (Etats Unis)
This story was very unsettling and unexpected. The title makes the reader feel that this is a story that has a happy end. But the author leaves us questioning her next move, is she going to find a new job? Will she start dating? I have more questions then I did when I started reading. She made major points about how she is repressed in her society. From her age to her job and what is expected
cathy.barton (Etats Unis)
I thought this story was wonderfully honest and the author, poetic in her wording. Several of my close friends describe feeling like this either as stay at home mothers or working outside the home. Beautiful story.
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